Si le terme d' « usager » semble être
devenu un incontournable des discours publics et professionnels dans
le champ de la santé, il n'est pas sans poser question aux observateurs
de ce champ -professionnels, universitaires ou individuels. Il semble
de surcroît porteur d'équivoque, en particulier chez les
travailleurs de la santé engagés dans une proximité forte
avec ceux qu'ils soignent, accompagnent ou assistent.
Selon que le débat s'inscrive dans l'univers sémantique
d'une approche gestionnaire et managériale de la santé,
ou dans celui d'une lecture relationnelle, ou encore participative et
collaborative, « symétrique », des relations
entre acteurs, différentes figures plus ou moins circonscrites
sont conviées. Le débat n'a rien de tranché ni
de dichotomique.
Ces figures alimentent implicitement les positionnements de chacun,
comme les attentes, les rôles, les représentations et les
pratiques qu'il juge légitimes et pertinentes. « Derrière » l'usager,
faut-il voir : le patient ? La personne ? Le citoyen ?
Le client ? Sous quelles conditions et pour quels univers possibles
d'actions et de valeurs ?
S'il faudrait bien sûr affiner une telle énumération, dans
quelle mesure est-il pourtant raisonnable de suggérer que ces figures
génériques -patient, personne, citoyen, client, usager- modèlent
de façon dynamique l'attitude de chacun dans son rapport à la et sa santé ?
Ce, en constante interaction avec le contexte organisationnel et public d'avènement
de cette attitude, et selon les possibilités d'expression de celle-ci
dans ces contextes variés ? N'y a-t-il pas enfin provocation à sembler
rapprocher dans l'équivalence ces différentes figures et les « réalités » auxquelles
elles paraissent référer autant qu'elles les composent ?
Le recours à « l'usager », tout autant
que les manifestations concrètes de cette figure devenue ordinaire
de la santé contemporaine, via les collectifs, dispositifs
d'information du patient, pratiques de médiation au sein des structures,
forums de discussion sur Internet., ne sont donc pas neutres : ils
révèlent, à travers différentes modalités,
la spécificité de nos rapports au(x) monde(s) et à la
notion de santé -rapports avérés ou potentiels,
actuels ou futurs, personnel ou professionnel, individuel ou organisationnel,
selon les cas.
Ce colloque propose d'aborder toutes ces questions et celles qui les
suivent sous un double objectif :
-
réunir et nourrir les questionnements/débats
autour de ce dénominateur commun que paraît être « l'usager » dans
l'interrogation du champ de la santé
-
susciter et encourager
la présentation des travaux en SIC,
sans exclure les apports disciplinaires proches (sociologie,
anthropologie, philosophie, psycho/psychosociologie)
Les travaux soumis pourront développer une lecture conceptuelle
d'enjeux participant des axes mentionnés, ou revêtir un
caractère plus empirique par la présentation critique d'études
de terrain ou d'analyses de corpus ; voire exposer des initiatives
professionnelles évaluées à la lumière d'un
corpus théorique de référence (une collaboration
explicite chercheurs/professionnels sera alors la bienvenue).
AXES
Les axes qui suivent précisent les orientations possibles des
contributions envoyées. La possibilité offerte de proposer
des symposiums (voir consignes de soumission ) pourra,
le cas échéant, venir enrichir les déclinaisons
envisagées ici.
Axe 1 : Formes publiques d'exposition de la santé au
prisme de « l'usager »
Pourront être évoqués sous ce thème :
les formes de l'action individuelle et collective en lien
avec la santé ;
les thématiques émergentes concernant la
santé dans l'espace public ;
les modes de sollicitation des médias par les usagers
et en retour, les perceptions des usagers à travers ceux-ci ;
l'attitude des médias et le rôle de ceux-ci
dans la conscience d'une modification du rapport individuel à la
santé ;
les modèles contemporains du rapport à « l'information
(en) santé » -scientifique, médiatisée,
vulgarisée, individualisée.
Axe 2 : Travaux sur les TIC dans le champ de la santé
Les relations des TIC au champ de la santé et au rapport entretenu
avec celle-ci, les effets de transformations associés à l'introduction/au
développement de ces technologies dans le champ de la santé,
pourront par exemple être évoquées en soulignant :
- comment les collectifs ou les individus les conçoivent et
se les approprient ;
- comment et en quoi ils transforment les rapports à la connaissance
de l'usager sur sa santé ;
- comment leurs modèles de diffusion, partage, construction
de la connaissance entraînent (ou non) certaines modifications
dans le champ de la santé ;
- leurs usages et perceptions par les professionnels de la santé,
notamment dans leurs interactions avec les usagers
Axe 3 : L'usager, l'hôpital, le réseau
Pourront être évoqués sous ce thème :
les enjeux communicationnels de la prise en compte de l'usager
pour l'organisation et ses effets de transformation réciproque,
notamment quant à leurs attributions respectives ;
les études de l'intégration de l'usager dans
des processus organisationnels, notamment relatifs aux pratiques professionnelles
(de l'information à l'évaluation de l'organisation) et à son
implication dans les décisions qui le concernent
la place et le rôle accordé aux usagers dans
les réseaux (de soin, de santé, associatifs,.); ce qui
en détermine la portée, par exemple lors des temps de constitution
et d'évaluation de ces réseaux ; et réciproquement,
l'influence des modes de participation de leurs publics sur ces réseaux
les lectures critiques de l'injonction croissante à la « qualité » (des
soins, des prestations, des prises en charge, des services.), et les
modalités de compréhension possibles de cette injonction
au sein de modélisations complexes des rapports entre individus,
collectifs et organisations dans le champ de la santé
Axe 4 : Acteurs et ressorts d'une « démocratie
sanitaire »
On pourra par exemple envisager sous cet axe :
les modes de participation, les poids respectifs et renouvelés
de différents acteurs dans les débats publics sur la santé (et
particulièrement : industrie pharmaceutique, collectifs
d'usagers)
l'analyse des prises de position spécifiques et
la déconstruction de ces points de vue, la mise en exergue des
visions proposées de la santé contemporaine, en lien avec
les intérêts représentés par ces acteurs
la perception des collectifs d'usagers par eux-mêmes
et la publicisation de cette perception (par eux-mêmes ;
par d'autres)
les lectures possibles de la notion de « démocratie
sanitaire », à la lumière des points évoqués
dans les autres axes
Axe 5 : Promotion de la santé et éducation
thérapeutique
On pourra explorer :
les apports des travaux en SIC pour l'enrichissement ou
la discussion des modèles d'implication de l'usager-acteur dans
son rapport à la santé
les modalités d'engagement et de « capacitation » ( empowerment )
des publics considérés, dans les initiatives et dé mar
ches de prévention et éducation en santé, à des échelons
géographiques divers (du plus local au national, voire international)
les filiations, les recoupements mais aussi les distinctions
avec d'autres types de communication en santé
l'émergence ou au contraire les difficultés
d'avènements d'une dynamique plus participative, collaborative,
implicative dans ces deux domaines (promotion/éducation)
l'étude des pratiques chez les professionnels concernés,
de leurs initiatives et analyses de celles-ci, notamment dans leurs
relations aux usagers
l'identification de nouveaux phénomènes indiquant
les particularités ou au contraire la généralisation
du rapport à la/leur santé chez différentes populations
et/ou groupes restreints
Les comparaisons internationales seront particulièrement bienvenues.
Axe 6 : Ouvertures
Les propositions de travaux examinant ces axes sous un angle disciplinaire
distinct (sociologique, psychosociologique, philosophique, anthropologique,
voire juridique) seront également considérées
favorablement.
Les regards pourront par exemple se porter plus particulièrement
sur : le(s) handicap(s) ; les maladies chroniques ;
les familles.
Consignes de soumission
Afin de permettre l'expertise des travaux par le comité scientifique,
les informations suivantes sont attendues des contributeurs :
Communication orale simple
Nom, prénom, affiliation, adresses postale et électronique
de l'auteur principal
Nom, prénom et affiliations des autres auteurs
Titre de la communication proposée
Résumé en français (4000 signes environ)
précisant : le contexte théorique ; la méthodologie
adoptée (il sera tenu compte du type de présentation soumis) ;
les principaux résultats et conclusions discutés lors
du colloque ; 3 à 5 références ; 3 à 5
mots-clefs.
Symposium (au moins 3 communications orales)
Nom, prénom, affiliation et adresse électronique
du coordinateur du symposium
Titre/thème du symposium proposé
argumentaire (1000 signes maximum) introduisant le symposium
et soulignant sa cohérence
Puis pour chaque communication composant le symposium :
Nom, prénom, affiliation, adresses postale et électronique
de l'auteur principal
Nom, prénom et affiliations des autres auteurs
Titre de la communication proposée
Résumé en français (4000 signes environ)
précisant : le contexte théorique ; la méthodologie
adoptée (il sera tenu compte du type de présentation soumis) ;
les principaux résultats et conclusions discutés lors
du colloque ; 3 à 5 références ; 3 à 5
mots-clefs.
Ces informations seront à envoyer au
format électronique avant le
25 janvier
2010
à l'adresse électronique suivante :
cedric.routier(arobase)istc.fr
ou
encore par voie postale :
Colloque CSIS 2010 / Cédric Routier
81, boulevard Vauban
59000 LILLE
FRANCE
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Elles seront transmises, de manière anonyme, aux membres du CS,
chargés de les évaluer avant acceptation.
Le texte complet des propositions retenues devra être fourni
pour le 3 mai 2010 au plus tard.
Comité d'Organisation